L’Avenue des Géants de Marc Dugain

Bien sûr on pourrait vous parler du dernier Best seller, genre « L’affaire Harry Quebert »…mais on suppose que vous en avez tellement entendu parlé !…alors non, on a voulu vous faire découvrir ou redécouvrir un livre pas tout récent (Avril 2012) mais tellement bien écrit !!!!!

 avenuedes geants

Dans l’Avenue des Géants (un très beau titre pour un sujet aussi terrible) Marc Dugain s’ inspire de l’histoire d’Edmund Kemper, né en 1948, 2,10m pour 130 kg… un tueur en série américain qui a défrayé la chronique dans les années 1960-1970

Il s’introduit dans la tête de ce garçon dont le QI serait supérieur à celui d’Einstein, qu’il rebaptise Al Kenner, nous y installe avec lui et nous laisse, spectateur au premier rang, assister au déroulement de cette tragédie qui nous percute et nous perturbe.

Al Kenner est-il le mal incarné ? Adolescent perclus d’angoisse, doté d’un corps démesuré qu’il ne sait comment habiter et d’un QI de génie dont il ne sait davantage que faire, moins élevé qu’abandonné à lui-même par un père démissionnaire et une mère maltraitante. C’est un être en souffrance, en quête d’un impossible amour maternel et d’une lucidité extrême qui le rend étranger à toute forme d’empathie. « Quelque chose me disait au fond de moi que c’était râpé pour toujours. »….. il a 15 ans lorsqu’il tue ses grands-parents à coups de carabine. Interné, déclaré guéri cinq ans plus tard par la psychiatrie, il semble réintégrer la société des hommes….

Ce sont les confessions troublantes de ce personnage que nous donne à lire Marc Dugain. Et peu importe qu’il se soit inspiré, pour les écrire, du destin bien réel de l’Américain Edmund Kemper, aujourd’hui encore incarcéré. Ce qui frappe, dans ce roman, c’est la cohérence et la complexité infinie du personnage, dont les pensées conduisent la narration implacable. Ce qui saisit et étreint durablement, ce sont les abîmes d’ambiguïté, d’humanité chancelante que Dugain parvient à creuser derrière le récit de cette destinée,  avec, en toile de fond, l’Amérique basculant dans les années 1970, admirablement reconstituée

Sous la plume de Marc Dugain, ce meurtrier s’avère malgré tout attachant et sa vie cabossée se lit comme un polar !