Dali….folie ou génie !

La précédente exposition Dalí, au Centre Pompidou en 1979-1980, avait battu des records de fréquentation : pas moins de huit cent quarante mille visiteurs avaient défilé devant les cimaises du musée, confirmant ainsi l’immense popularité du maître, alors âgé de 76 ans, mais qui avait veillé à imprimer un tour typiquement « dalínien » à cet événement.

Bien sûr avant tout quand on dit Dali on pense….aux moustaches et la fameuse publicité « J’adoooore…. »  soit ! mais passé cet instant Dali, vous en pensez quoi vous ?

On lui accorde un public fasciné tant par l’oeuvre que par le personnage, hypermédiatique et parfait dans son rôle d’artiste génial ou de fou inspiré, mais on constate aussi le mépris d’une grande partie du monde intellectuel et de la critique pour qui Dali , après sa période surréaliste, seule prise au sérieux, s’était dévoyé dans un art académique, pompeux et pompier. L’homme ne semblait pas plus digne de respect. Son goût effréné du succès et de l’argent (qui, déjà en 1940, le fit surnommer « Avida Dollars », anagramme de son nom, par André Breton), son exhibitionnisme forcené et son éternel cabotinage, parfois brillant, souvent pitoyable, le rendirent antipathique à une partie du public.

Pire encore : ses positions politiques. Son goût proclamé pour la monarchie absolue pouvait être mis mais non son allégeance au régime franquiste, à son retour en Espagne après la Seconde Guerre mondiale. Cette allégeance lui permit de vivre en paix dans sa Catalogne natale, à laquelle il était viscéralement attaché. Mais Dali en fait plus qu’on ne lui en demande : il dira avoir été « très content » de l’assassinat du poète Federico García Lorca, son grand ami de jeunesse, par les troupes franquistes en 1936 ; en 1975, il se prononcera pour l’exécution des membres de l’ETA… Bref, il semble prêt à tout pour plaire à ses nouveaux protecteurs. Dans les années 1930, son attirance trouble pour Hitler contribua à le faire exclure du groupe surréaliste.

Dali  est fasciné par les figures fortes du pouvoir et, se considérant lui-même comme un « surhomme », il se situe, comme le héros nietzschéen, « par-delà le bien et le mal ». Au même titre que ses fantasmes sexuels ou sa manie mégalomaniaque, cette fascination du pouvoir (trait de sa personnalité profonde) relève de la sphère libidinale et à ce titre n’aurait aucun compte à rendre à la morale. Mais les remugles du moi profond, les monstres tapis dans l’inconscient, qui ont droit d’existence et d’expression, et les engagements pris au sein de la société, ne sont pas de même nature. Il y a une frontière entre eux, que l’ego surdimensionné de Dalí semble avoir superbement ignorée…

Aujourd’hui que l’artiste, disparu depuis vingt-trois ans, ne hante plus l’espace médiatique avec ses provocations tapageuses, il est peut-être possible d’avoir une vision moins clivée de l’univers dalínien et de mettre son oeuvre, qui couvre un demi-siècle, en perspective. C’est ce que tente la présente exposition du centre Pompidou, qui prend en compte les multiples facettes de cet artiste majeur du XXe siècle.

Quoi que vous en pensiez, si vous avez l’occasion d’aller faire un tour à cette exposition surtout louer un audio-phone ou prenez un guide, les tableaux de Dali méritent une explication  !!!

Un petit exemple avec l’image sans fin :

Si on observe bien, dans ce tableau on retrouve les dessins suivants :

Etonnant non !?

Dali, jusqu’au 25 mars au Centre Pompidou !!!

A noter aussi que l’espace Dali présente du 10 Février au 10 Mai 2012 et pour la première fois en  France la collection d’œuvres offertes et dédicacées par Salvador Dali à son ami Enrique Sabater.
Du 10 Février au 10 Mai 2012, venez admirer plus de cent dédicaces composées d’huiles, aquarelles, esquisses, dessins et de photographies qui sont autant de témoignages de l’amitié qui liait le génie catalan à celui qui fut son secrétaire pendant plus de dix ans.

ESPACE DALI – 11, rue Poulbot – 75018 Paris