Il était une fois…

C’est l’histoire d’une petite fille qui est née un 24 décembre en Bavière (non, ce n’est pas Heidi !) élevée principalement à la campagne (non je vous dis !) turbulente, passionnée d’équitation, de poésie et de promenade en forêt. Elle adore les animaux aussi, et est élevée sans contrainte par un père un peu fantaisiste qui joue de la cithare et adore le cirque … au grand regret de sa mère Ludovika, Duchesse de Bavière (ça, ça sent le mariage arrangé un peu foireux).

3ème enfant d’une famille de 8, elle est baptisée Elisabeth comme sa tante maternelle…la reine de Prusse…vous y êtes ??? Oui oui, c’est Sissi (sans blaguer c’est son vrai surnom !).

La petite Sissi vit heureuse jusqu’au jour de ses 15 ans, jour où arrive sa tante l’Archiduchesse Sophie (avec ses chaussettes sèches, archi sèches) qui n’est autre que la mère de l’empereur François Joseph. Et qu’est ce qu’elle veut l’archiduchesse ??? ….chuuuut  : elle voudrait marier son fils à la sœur aînée de Sissi, et s’allier la Bavière, 3ème puissance de l’Allemagne.

L’archiduchesse organise un bal pour l’anniversaire de son fils, au cours duquel il doit remettre un bouquet de roses rouges à sa promise…mais….tadadammmm, le prince (enfin l’empereur) tombe raide in love avec la petite Sissi, et lui offre le bouquet à la surprise de tout le monde.

Ils se marièrent et eurent 4 enfants ! L’histoire aurait pu s’arrêter là mais pas du tout ! Manque de chance, à sa naissance, Sissi avait reçu de sa marraine la fée « Biouty », la beauté, mais les fées « Névrose » et « Egocentrique » n’avaient pas dit leur dernier mot !!!

L’Archiduchesse et mère de l’empereur, elle est pas trop contente que son fils lui ait désobéi (c’est la 1ère et dernière fois hein !). En plus, elle la trouve bien jeune cette impératrice,  alors elle lui fait porter un livre avec dedans tout ce qu’elle doit faire…et ne pas faire … et décide qu’elle n’est pas apte à élever ses enfants dont elle lui enlève la garde dès la naissance.

La jeune impératrice est furieuse, frustrée et sa joie de vivre et sa spontanéité s’anéantissent peu à peu. Elle brave constamment sa terrible belle-mère, refuse le protocole rigide de la cour de Vienne où elle étouffe, et rechigne à ses devoirs de représentation.

Mais elle a bien compris que sa beauté captive tout le monde (et surtout l’empereur) alors, tous les matins, elle demande à son miroir : « Miroir, Hô miroir, dis moi qui est la plus belle » et il lui  répond : « Vous madame l’impératrice ! Avec vos 50kg pour 1,72m et votre tour de taille de 50cm !!!, mais attention à ne pas grossir »

Alors, pour éviter de prendre du poids, Sissi  va se nourrir principalement de lait, de bouillon de poulet, de jus de viande de bœuf (jus de 6kg pour un déjeuner), substances très nourrissantes, et de fruits pour les vitamines. Elle fait de la marche forcée par tous les temps et installe des agrès dans toutes ses villas (anneaux, barres fixes et altères). Là je sors du conte ! Vous vous rendez compte, on est dans les années 1860 et elle fait installer des anneaux dans l’embrasure de la porte de son bureau !!!!

Sissi a de très beaux cheveux aussi (jusqu’aux chevilles, qui pèsent 5kg) et sa coiffeuse passe 3h par jour à la coiffer. Toutes les 3 semaines c’est jour de shampoing !…et ça prend la journée en commençant par un masque confectionné avec 30 jaunes d’œufs crus additionnés de cognac, et appliqué au pinceau pendant 1h.  Elle s’adonne également au tightlacing,  accrochez vous les filles, ça veut dire porter un corset (1h aussi pour le lacer et réduire la taille de 5 à 7cm) environ 23h/24 et 7j/7 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! horreur, malheur !!!!!

Lorsque sa 1ère fille a 2 ans, Sissi s’oppose encore une fois à sa belle mère et emmène la petite Gisèle, malade, en voyage. Elle n’en reviendra pas (encore un coup des méchantes fées !). Sissi est rongée par la culpabilité et trouve de moins en moins sa place à la cour. Pour couronner le tout, son fils se suicide à l’âge de 30ans. Désormais, elle ne s’habillera plus que de noir et ne cessera de fuir.

Elle se fait aménager un wagon de train et va assouvir son besoin de liberté en voyageant à travers l’Europe : Madère, Venise, Corfou, l’Angleterre, l’Irlande, Normandie, Égypte, Tunisie, Malte, Lisbonne, Sicile, Espagne…on est toujours au 19ème S !!!!.

Grâce à sa bonne fée (et à sa volonté) elle excelle dans tout ce qu’elle entreprend : l’équitation, l’apprentissage du Magyar, du grec. Elle est intrépide, on raconte même que, lorsqu’elle traverse les mers par jour de tempête, elle se fait attacher sur une chaise sur le pont pour en profiter pleinement. Il parait aussi qu’elle fumait la pipe, ce qui scandalisait la cour !
Sa bonne fée l’a protégée de son mieux (enfin c’est ce qu’elle a dit le jour de son procès !) jusqu’à l’âge de 60ans… où elle est assassinée par un anarchiste qui voulait tuer un prince européen (le comte de Paris a changé ses plans), et qui apprend par inadvertance que l’impératrice réside incognito à l’Hôtel Beau rivage à Genève !

Le charme a opéré jusqu’au bout et l’empereur dira, en apprenant sa mort : « Personne ne saura combien je l’ai aimée ! »

Alors !!!??? Névrosée et égocentrique ou femme fragile, moderne, d’une détermination peu commune …  femme résolument en avance sur son temps, qui aurait mérité un coup de baguette magique pour être transportée à une époque plus adaptée à sa force de caractère ?